L'indicateur B3 du standard VSME demande à une PME de présenter sa consommation d'énergie et ses émissions de gaz à effet de serre, réparties en Scope 1 et Scope 2. Concrètement, il s'agit du premier vrai calcul chiffré que rencontre une PME lorsqu'elle prépare son rapport de durabilité — et souvent celui qui inquiète le plus, faute de méthode claire.
Qu'est-ce que l'indicateur B3 du standard VSME ?
B3 fait partie du module de base du VSME, celui que toutes les PME qui adoptent le standard doivent remplir en priorité. Il porte sur deux éléments distincts :
- la consommation d'énergie, ventilée entre sources renouvelables et non renouvelables ;
- les émissions de gaz à effet de serre qui en découlent, exprimées en tonnes équivalent CO2 (tCO2e), et réparties entre Scope 1 (émissions directes) et Scope 2 (émissions indirectes liées à l'énergie achetée).
Ce périmètre est volontairement limité. Le VSME, contrairement à la CSRD, ne demande pas systématiquement le Scope 3 (émissions de la chaîne de valeur) dans son module de base — cela relève du module complet, pour les PME qui souhaitent aller plus loin. Pour situer B3 dans l'ensemble du standard, vous pouvez consulter notre présentation du VSME et notre comparatif entre les deux modules, Basique ou Complet.
Comment l'indicateur se présente dans le rapport
Dans le rapport VSME, B3 prend la forme d'un tableau structuré. On y retrouve généralement :
- la consommation totale d'énergie en MWh, avec la part issue de sources renouvelables ;
- les émissions Scope 1 en tCO2e, correspondant aux sources que l'entreprise contrôle directement (chaudières, véhicules de flotte, groupes électrogènes) ;
- les émissions Scope 2 en tCO2e, correspondant à l'électricité, la chaleur ou la vapeur achetées auprès d'un fournisseur externe.
Ce format tableau facilite la comparaison d'une année sur l'autre et permet à un lecteur externe — banquier, client, investisseur — de situer rapidement l'entreprise sans avoir à décortiquer une méthodologie complexe.
Comment calculer le Scope 1 et le Scope 2
La méthode générale
Le calcul repose sur un principe simple, répété pour chaque source d'énergie ou de combustible :
Émissions = Consommation × Facteur d'émission
Le facteur d'émission traduit une quantité de combustible ou d'électricité consommée en équivalent CO2. Ces facteurs proviennent de bases de données officielles reconnues (par exemple la Base Empreinte de l'ADEME en France, qui a remplacé la Base Carbone depuis leur fusion en 2023, ou les facteurs publiés par les autorités nationales en Belgique et au Luxembourg). Il est important d'utiliser le facteur correspondant à votre pays et à votre année de référence, car ces valeurs évoluent, notamment pour l'électricité dont le mix énergétique varie d'un pays à l'autre.
Un exemple chiffré simple
Prenons le cas d'une PME de 80 salariés, avec des chiffres volontairement ronds et illustratifs (les facteurs d'émission ci-dessous ne sont pas des valeurs officielles, ils servent uniquement à montrer la méthode) :
- Scope 1 : l'entreprise consomme 20 000 litres de gasoil pour son chauffage. Avec un facteur d'émission illustratif de 2,68 kg CO2e/litre, cela donne 20 000 × 2,68 = 53 600 kg, soit 53,6 tCO2e.
- Scope 2 : l'entreprise consomme 180 000 kWh d'électricité achetée. Avec un facteur d'émission illustratif de 0,05 kg CO2e/kWh, cela donne 180 000 × 0,05 = 9 000 kg, soit 9 tCO2e.
Le total à reporter dans B3 serait donc de 53,6 tCO2e en Scope 1 et 9 tCO2e en Scope 2, avec le détail de la consommation d'énergie en MWh en complément.
Ce qu'il faut réunir avant de calculer
Le calcul lui-même est simple ; la difficulté est presque toujours dans la collecte des données sources. Pour B3, il faut généralement rassembler :
- les factures d'électricité et de gaz de l'année de référence ;
- les tickets de carburant ou relevés de flotte pour les véhicules détenus en propre ;
- les factures de combustibles de chauffage (gasoil, propane) ;
- éventuellement, un contrat ou une attestation d'origine renouvelable de l'électricité, si l'entreprise a souscrit une offre renouvelable.
Ces documents permettent de sécuriser le calcul et de le justifier en cas de question d'un client, d'une banque ou d'un auditeur.
Pourquoi cet indicateur compte, même sans obligation légale
Le VSME reste un standard volontaire. Mais B3 est souvent le premier chiffre que demandent les donneurs d'ordres et les banques dans leurs questionnaires ESG, car il est concret, vérifiable et comparable d'une entreprise à l'autre. Une PME qui sait présenter proprement son Scope 1 et son Scope 2 répond plus vite, et plus crédiblement, à ce type de demande — sans avoir à improviser un calcul dans l'urgence.
C'est aussi la base sur laquelle construire, plus tard si nécessaire, une estimation du Scope 3, nettement plus complexe.
Calculer B3 correctement demande de choisir les bons facteurs d'émission, de structurer les données par source d'énergie, et de présenter le résultat dans le format attendu par le standard. DONIA IMPACT accompagne les PME dans cette structuration et ce calcul, étape par étape. Vous pouvez démarrer par un diagnostic gratuit pour situer où vous en êtes.
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